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Racing Manager : le rôle clé que la plupart des propriétaires ignorent

Un métier que personne n’apprend à l’école

Si vous demandez à dix personnes dans le milieu hippique ce que fait un racing manager, vous obtiendrez dix réponses différentes. Normal : le métier n’a pas de définition officielle, pas de diplôme, pas de fiche de poste standardisée. Et pourtant, c’est probablement le maillon le plus utile entre un propriétaire et son cheval.

Le racing manager est l’intermédiaire. Celui qui traduit le langage de l’entraîneur pour le propriétaire, et les attentes du propriétaire pour l’entraîneur. Celui qui s’occupe de tout ce que le propriétaire ne veut pas, ne peut pas ou ne sait pas gérer. C’est un métier de service, d’organisation et de relations humaines. Et chez TS Bloodstock, c’est l’un de nos trois piliers.

Le quotidien : bien plus que regarder des courses

Le contact avec les entraîneurs

Un bon racing manager parle à l’entraîneur plusieurs fois par semaine. Pas pour le micro-manager (les entraîneurs détestent ça, à juste titre), mais pour rester informé et transmettre les bonnes nouvelles comme les moins bonnes.

Le mardi matin, l’entraîneur fait travailler le cheval. Le racing manager appelle ou reçoit un message : “Il a fait un bon galop ce matin, il a bien respiré, je pense l’engager samedi à Fontainebleau.” Ou : “Il a un petit souci au postérieur droit, on va le montrer au véto demain.” Dans les deux cas, le propriétaire doit être informé dans la journée. C’est le racing manager qui s’en charge.

Chez TS Bloodstock, chaque cheval a son groupe WhatsApp dédié. Le propriétaire (ou les associés s’il s’agit de parts) y reçoit des vidéos d’entraînement, des photos, des nouvelles du véto, des résultats de courses. Tout est transparent, tout est en temps réel. Un propriétaire qui vit à Tokyo, à New York ou à Dubaï a accès aux mêmes informations que celui qui habite à côté de l’écurie.

La sélection des courses

C’est le travail le plus stratégique. Un cheval ne peut pas courir n’importe où, n’importe quand. Il faut prendre en compte :

  • Sa forme du moment (est-il en progression ? fatigué ? revient-il de blessure ?)
  • La distance (chaque cheval a une distance de prédilection, et se tromper de 400 mètres peut changer le résultat)
  • Le terrain (certains adorent le terrain souple, d’autres ne marchent que sur le sec)
  • L’opposition (engager un cheval de Classe 3 contre des chevaux de Groupe, c’est le meilleur moyen de le dégoûter)
  • Le calendrier (on ne fatigue pas un cheval en juillet si l’objectif est en octobre)

L’entraîneur a souvent une idée. Le racing manager en a une aussi. La discussion entre les deux aboutit à un plan de course qui sert les intérêts du cheval et du propriétaire. Parfois, la meilleure décision, c’est de ne pas courir. Ça aussi, il faut le dire.

La planification de carrière

Un cheval de course n’a pas une carrière illimitée. En galop plat, la fenêtre est courte : de 2 à 5-6 ans en général. En obstacle, ça peut aller jusqu’à 10-12 ans. Le racing manager doit penser à moyen terme.

Ce yearling qu’on a acheté aux ventes chez Arqana, on le voit courir à quel niveau ? Si c’est un cheval de Groupe, on le prépare différemment d’un cheval de handicap. Si c’est une pouliche prometteuse, est-ce qu’on la retire de l’entraînement à 4 ans pour la mettre à l’élevage ? Ou est-ce qu’on tente une dernière saison ? Ces décisions ont des conséquences financières énormes et le racing manager aide à les prendre avec méthode.

L’administration : le côté invisible mais indispensable

Être propriétaire de chevaux de course en France, c’est de la paperasse. Beaucoup de paperasse.

Les déclarations France Galop

Chaque engagement en course passe par France Galop. Il y a des délais à respecter (déclaration de partant 48 heures avant, confirmation le matin de la course), des formulaires à remplir, des forfaits à payer. Rater un délai, c’est rater une course. Le racing manager gère tout ça.

Le transport

Un cheval ne se déplace pas en voiture. Il faut réserver un van ou un camion, coordonner les horaires avec l’écurie de départ et l’hippodrome d’arrivée, s’assurer que le cheval arrive assez tôt pour se reposer mais pas trop tôt pour éviter le stress. En plein été, il faut partir avant l’aube pour éviter la chaleur. Si la course est en province et que le cheval est à Chantilly, ça peut représenter 3 ou 4 heures de route.

L’assurance

Un cheval de course est un actif financier. Une assurance mortalité coûte entre 3 et 7 % de la valeur déclarée du cheval par an. Le racing manager aide à évaluer la valeur, négocie avec les assureurs, gère les sinistres quand il y en a. Ce n’est pas glamour, mais c’est essentiel.

Les frais et la comptabilité

Frais d’entraînement, frais de course, frais vétérinaires, frais de maréchal, frais de transport, cotisations France Galop… Un propriétaire reçoit plusieurs factures par mois. Le racing manager centralise tout, s’assure que rien n’est oublié et fournit un récapitulatif clair. Quand il y a plusieurs associés avec des parts différentes, la répartition des charges et des gains doit être exacte au centime.

Propriétaire seul vs. avec un racing manager

Soyons honnêtes : on peut être propriétaire sans racing manager. Des milliers de gens le font en France. Mais la réalité, c’est que sans intermédiaire :

  • Vous devez appeler l’entraîneur vous-même (et il n’a pas toujours le temps)
  • Vous devez comprendre les conditions de courses (et elles sont techniques)
  • Vous devez gérer la paperasse administrative
  • Vous devez être disponible les jours de course pour les décisions de dernière minute
  • Vous devez négocier avec les transporteurs, les assureurs, les vétérinaires

Pour quelqu’un qui est dans le milieu depuis 20 ans et qui a un seul cheval dans une écurie locale, c’est faisable. Pour un cadre dirigeant à Paris qui a trois chevaux chez deux entraîneurs différents, c’est un autre problème. Pour un propriétaire international qui ne parle pas français, c’est quasi impossible.

C’est là que le racing manager prend tout son sens.

Ce que Thibault a appris aux États-Unis

Avant de fonder TS Bloodstock, Thibault de Seyssel a passé deux ans aux États-Unis comme Racing Manager chez MyRacehorse, le leader mondial de la vente fractionnée de chevaux de course. Gérer des centaines de propriétaires, coordonner des dizaines d’entraîneurs, organiser la communication autour de chevaux basés dans plusieurs États : c’est une école brutale et formatrice.

Ce qu’il en a tiré, c’est une conviction forte : la communication fait 80 % du travail. Un propriétaire qui ne reçoit pas de nouvelles pendant deux semaines commence à s’inquiéter. Un propriétaire qui reçoit une vidéo de son cheval au galop un mardi matin est heureux, même si le cheval a fini dernier samedi.

L’autre leçon américaine : la rigueur dans les données. Aux USA, tout est tracké, mesuré, analysé. Le temps de galop du matin, la fréquence cardiaque, le poids du cheval, les notes du vétérinaire. Thibault a rapporté cette culture de la donnée en France et l’applique au quotidien.

Une semaine type

Voici à quoi ressemble une semaine de racing management quand on gère une dizaine de chevaux :

Lundi. Revue de la semaine précédente. Analyse des résultats du week-end. Appels aux entraîneurs pour débriefer les courses et faire le point sur les chevaux qui n’ont pas couru. Mise à jour des groupes WhatsApp.

Mardi-Mercredi. Travail stratégique. Consultation du programme des courses à venir (publié par France Galop). Identification des courses adaptées à chaque cheval. Discussion avec les entraîneurs sur les engagements. Déclarations administratives.

Jeudi. Suivi vétérinaire et maréchalerie. Coordination des rendez-vous. Gestion des transports pour le week-end. Confirmation des partants.

Vendredi. Derniers ajustements. Appels aux jockeys (ou discussion avec l’entraîneur sur le choix du jockey). Envoi du programme du week-end aux propriétaires : quel cheval court, où, à quelle heure, quelle stratégie.

Samedi-Dimanche. Jour de course. Déplacement sur l’hippodrome quand c’est possible. Accueil des propriétaires. Visite du cheval le matin, paddock, course, débriefing.

Un jour de course : de l’aube au champagne (ou pas)

Le jour J commence tôt. Si le cheval court à Longchamp à 15h30, le racing manager est à l’écurie à 7h. Il vérifie que le cheval va bien, discute avec le lad, s’assure que le transport est en route.

À l’hippodrome, il retrouve les propriétaires vers midi. Déjeuner, ambiance. Puis direction le rond de présentation, 30 minutes avant la course. Le cheval tourne, on l’observe. L’entraîneur donne les dernières consignes au jockey. Le propriétaire sent la tension monter.

La course dure entre une et trois minutes. C’est un concentré d’émotions absolu. Rien ne prépare à regarder son cheval passer le poteau en tête. Rien ne console vraiment quand il finit dernier.

Après la course, débriefing avec l’entraîneur. Qu’est-ce qui a marché, qu’est-ce qui n’a pas marché. Le jockey partage ses sensations. On ajuste le plan pour la suite.

Et si le cheval a gagné, il y a les photos au rond de présentation, la pesée, parfois un verre de champagne. Ces moments-là valent toutes les factures de vétérinaire du monde.

Pour qui le racing management est-il indispensable ?

Les propriétaires internationaux. Si vous vivez à l’étranger et que votre cheval court en France, vous avez besoin de quelqu’un sur place. Point. Les fuseaux horaires, la barrière de la langue, les spécificités administratives françaises : sans interlocuteur local, c’est ingérable.

Les professionnels occupés. Vous êtes chef d’entreprise, avocat, médecin. Vous n’avez pas le temps d’appeler l’entraîneur trois fois par semaine. Mais vous voulez savoir ce qui se passe. Le racing manager est vos yeux et vos oreilles.

Les débutants. C’est votre premier cheval. Vous ne connaissez pas les codes du milieu. Un racing manager vous guide, vous explique, vous évite les erreurs classiques. C’est un investissement qui se rentabilise dès la première saison.

Les propriétaires multi-chevaux. Trois chevaux chez deux entraîneurs différents, avec des calendriers qui se chevauchent, des factures qui s’accumulent, des décisions à prendre chaque semaine. Sans quelqu’un pour coordonner, ça devient un second métier.

Ce que ça coûte

Le racing management n’est pas gratuit, évidemment. Les modèles varient : certains facturent un forfait mensuel par cheval, d’autres prennent un pourcentage sur les gains. Chez TS Bloodstock, on adapte la formule au profil du propriétaire. Le plus simple, c’est d’en discuter directement.

Ce qui est certain, c’est que le coût d’un racing manager est marginal par rapport au budget total d’un cheval à l’entraînement. On parle de quelques centaines d’euros par mois pour un service qui peut vous faire économiser bien plus en évitant de mauvaises décisions (engager un cheval dans la mauvaise course, rater un délai administratif, ou passer à côté d’une opportunité de vente).

Le mot de la fin

Le racing management, c’est un métier de passion, de rigueur et de disponibilité. C’est répondre au téléphone un dimanche matin parce que le cheval a une colique. C’est convaincre un entraîneur d’être patient quand le propriétaire veut courir tout de suite. C’est aussi partager la joie d’une victoire qu’on a construite ensemble, semaine après semaine.

Si le sujet vous intéresse, découvrez le parcours de Thibault de Seyssel et ce qui l’a amené à structurer ce service chez TS Bloodstock. Et pour voir concrètement ce que ça change dans votre expérience de propriétaire, consultez notre page dédiée au racing management.